Il y a une semaine la France subissait une vague de chaleur intense, phénomène prévisible et récurrent depuis plusieurs années mais non anticipé par le gouvernement, qui a attendu 3 jours après le début de la vague de chaleur pour tenir une réunion interministérielle sur la gestion de ces épisodes. Cette année, comme depuis six ans, les personnels ont fait au mieux, en s’organisant seuls. Comme l’a montré la FSU, 77,6 % des collèges et des lycées ont relevé une température de plus de 30 degrés, dans de nombreuses écoles les températures ont atteint 35 degrés et 87,18 % des collèges et des lycées n’ont pas mis en place de mesures d’adaptation, alors même que le décret de 2025 oblige l’employeur à en prendre.
Le ministère a fini par publier un plan de gestion des vagues de chaleur qui pose enfin un cadre nécessaire mais la question de sa mise en œuvre reste posée. Pour les travaux de rénovation, il est fait référence au Fonds vert, alors même que ce dernier a été sabré par le gouvernement depuis trois ans, tombant même à moins d’un milliard d’euros dans le budget 2026. La FSU rappelle qu’il faudrait 4 à 5 milliards d’euros pendant 10 ans pour une rénovation énergétique du bâti scolaire. Il est temps de sortir du jeu de ping-pong entre Etat et collectivités sur le bâti : c’est bien par un plan de financement pluriannuel Etat-collectivités pour la rénovation, l’adaptation du bâti scolaire, ainsi que des équipements sportifs que nous pourrons sortir du bricolage institutionnalisé.
Par ailleurs, il est fort probable qu’une nouvelle vague de chaleur arrive d’ici la fin de l’année scolaire. La FSU exige que des réponses claires soient apportées dans les prochains jours : de nouvelles épreuves d’examens arrivent, de nombreuses anticipations sont nécessaires afin de ne pas reproduire ce que les élèves de bac pro ont vécu : nombreuses et nombreux candidat·es ont subi des céphalées voir des saignements ; certain·es ont délibérément choisi d’abréger leur composition car ne tenant plus dans la salle. Enfin, nous n’oublions pas nos collègues des DROM qui connaissent une situation dégradée toute l’année, pour lesquel·les d’autres indicateurs doivent être pris en compte (notamment la chaleur humide, à travers l’Humidex) et d’autres phénomènes comme les cyclones ou les tremblements de terre.
Combien de drames faudra-t-il encore lors de ces épisodes de canicule pour que le ministère prenne ses responsabilités sur la question de l’apprentissage de la natation à l’école. Le ministère affiche le savoir nager comme une priorité mais réduit drastiquement les moyens et les personnels. 14 % des élèves de collège n’iront jamais à la piscine, faute de proximité d’équipements et/ou de moyens en heures/personnels. La natation, activité fortement marquée socialement, a toute sa place à l’école dans la lutte contre les inégalités et répond à un enjeu de santé et de sécurité publique.
La natation illustre la politique de désinvestissement dans l’école et de manque d’ambition, fortement marquée cette année à l’éducation nationale avec, par exemple, un nombre de fermetures de classes à hauteur de 3742, ce chiffre est en très forte hausse supérieur de 60 % par rapport à la même époque en 2025.
Dans le premier degré, le nouveau référentiel métier pour des directeurs et directrices plonge un peu plus l’école dans le monde des indicateurs de réussite et positionne les directeurs et directrices dans un rôle supérieur qui ne résoudra en rien les maux de l’école. Il s’en est d’ailleurs fallu de peu pour que ces personnels soient tenus d’endosser un rôle de gestion des absences et de remplacement des enseignant∙es ! Au sujet du remplacement, nous vous remettrons à l’issue de ce CSAMEN notre pétition « Le remplacement : une urgence !», signée par plus de 22 000 personnels, preuve que cette préoccupation est partagée.
Dans le second degré, les ministres passent, parlent tous du climat scolaire, mais toutes et tous oublient les AED, pourtant essentiel·les sur ce sujet. Pas de création d’emplois depuis 2 ans et à cette date, les académies et donc les établissements, n’ont toujours aucune information sur leur dotation en emplois d’AED pour la rentrée 2026. Des académies se voient même retirer des emplois au titre d’ajustements liées aux années précédentes. Et si nos lectures du PLF sont exactes, ce sont même 165 ETP d’AED qui seront supprimés à la rentrée ?! Pour la FSU c’est une nouvelle provocation au même titre que la suspension des discussions sur des grilles salariales sous couvert de ne pas « avoir les ressources pour abonder les académies ». Autrement dit, il n’y a pas de budget ! C’est inacceptable, les AED, tout comme les autres personnels, n’ont pas à faire les frais de choix budgétaires qui sacrifient les agent·es de l’Education nationale. Pour dénoncer cette situation inacceptable, les AED se sont mobilisé·es massivement avec 25 % des vies scolaires fermées le 2 juin à l’appel de la FSU avec l’intersyndicale complète. Aujourd’hui, à Mayotte c’est la 4ème journée de mobilisation des EMS et la troisième des AED depuis le début de l’année : les discussions avec le rectorat sont dans une impasse car rien n’avance sur les conditions de travail de ces collègues. Il est temps que le ministère se penche sur cette situation.
Le 9 juin ce seront les AESH qui seront en grève pour revendiquer de meilleures conditions de travail, une revalorisation salariale et la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour toutes. Après de multiples reports le premier groupe de travail s’est enfin tenu, mais les propositions ne sont pas à la hauteur des enjeux, seulement 20% des AESH seraient concernées par la création de ce nouveau corps. Lors des discussions de la proposition de loi à l’Assemblée, la généralisation des Pôles d’Appui à la Scolarité a été rejetée par les parlementaires, la FSU continue de demander l’arrêt de ce dispositif. Nous dénonçons l’obstination du ministère à poursuivre le déploiement des PAS, et donc une forme de généralisation, sur la base d’un seul cadre réglementaire, et sans appui législatif. Combien de temps le ministère va-t-il ainsi jouer avec les limites de l’exercice réglementaire et législatif ? De leur côté, les rectorats font preuve de la même inventivité, envoyant capsules vidéo, infographies pour asseoir la légitimité des PAS et déployer des opérations de signature d’avenants au contrat des AESH passer des PIAL aux PAS, suscitant beaucoup d’interrogations et d’inquiétude chez nos collèges AESH. Il est nécessaire d’éclaircir les opérations en cours et leur base juridique. Les PAS – qui prévoient de regrouper des équipes pluriprofessionnelles sur des zones parfois très étendues – poursuivent la logique comptable des PIAL qui ont prouvé autant leur inefficacité que la maltraitance qu’ils induisent. Leur déploiement capte déjà près de 800 postes, financés à plus de 80 % sur le premier degré.
Les PAS, le PIAL, le LPI, les EMAS ainsi que l’école inclusive d’une manière générale, il en sera question lors de la cinquième Conférence nationale du Handicap qui se tiendra le 25 juin. Celle-ci est chargée de définir les grandes orientations interministérielles de la politique publique du handicap pour les trois prochaines années, en présence des acteurs concernés : sauf que les organisations syndicales représentatives des personnels de l’EN ne sont pas invitées. Ce rendez-vous est pourtant à fort enjeu pour l’Éducation nationale. Ces mesures occultent la situation réelle dans les écoles et font l’impasse sur les personnels qui la font vivre et qui ont pourtant beaucoup de choses à dire sur le sujet.
Rien n’est fait pour revaloriser nos métiers : aucune revalorisation salariale pour les enseignant·es les améliorations de carrière envisagées en 2025 puis annulées n’ont pas vu le jour. Cette absence laisse de nombreux personnels sans perspective de carrière et la suppression de la GIPA pèse pour les personnels bloqués dans leur carrière. A minima les mesures prévues en 2025 en classe normale et vues en CSA MEN du 6 avril 2025 doivent être publiées et les modalités d’accès à la classe exceptionnelle doivent être revues avec la mise en place d’un barème permettant d’en faire un débouché de carrière pour toutes et tous. Parallèlement Il y a urgence à revoir les taux de promotion à la classe exceptionnelle des enseignant·es du second degré et CPE qui se retrouvent bloqué·es au 7ème échelon de la hors classe en les alignant sur les taux de promotion à la classe exceptionnelle du premier degré. Ce serait une juste mesure d’équité.
Les dernières mesures envisagées et/ou prises par le ministère de la fonction publique attaquent directement des droits : durée maximale des arrêts de travail, temps partiel thérapeutique La FSU dénonce ces nouvelles attaques qui ciblent encore une fois les personnels touchés par des problèmes de santé. Il ne fait pas bon non plus être une femme fonctionnaire avec ce gouvernement. Celui-ci avait une occasion historique d’avancer sur la question des inégalités salariales avec la transposition de la directive européenne, mais il a choisi une toute autre orientation. Dans notre ministère cela se traduira par exemple par une publication, certes, dans l’index des parts variables de rémunération mais sans obligation de correction. Sur de nombreux dossiers, le gouvernement continue en toute hypocrisie, le slogan « à travail égal, salaire égal » devrait pourtant le piloter, des contraintes doivent être mises en place pour répondre à la dévalorisation des métiers féminisés.
Le gouvernement doit investir dans l’école publique plutôt que dans les dépenses militaires. Les documents encore non publics donnent le détail des économies de 4 milliards dans le budget de l’État. La FSU dénonce ces mesures dites d’économie dont l’explication tient dans l’obsession de ne pas vouloir prendre l’argent là où il se trouve : dans les supers profits et les hauts patrimoines. Alors que l’école est à l’os, pouvez-vous nous indiquer sur quelles lignes précises sont rendus ces moyens ? Ni en 2026, ni en 2027, des économies peuvent être envisagées sur le budget d’une mission qui manque déjà de tout.
Dans la fonction publique la hausse du SMIC fait passer de nombreux échelons des catégories B et C en dessous de celui-ci, les débuts de carrière des corps de catégorie A les moins valorisés sont maintenant impactés. Pour les personnels hors enseignant·es du ministère, dont la majorité occupent des emplois classés en catégorie C et B ou de non titulaires, cette « smicardisation » des rémunérations est spectaculaire : 17 échelons sur 33 sont touchés en catégorie C (adjoint·es administratifs, techniques, contractuel·les…), ainsi que les pieds de grille en catégorie B. Inacceptable pour la FSU, a fortiori après les annonces récentes à la DGAFP et à la DGRH sur l’absence de revalorisation des salaires en 2026 : rien pour la partie indiciaire et rien pour la partie indemnitaire ! Le mépris pour les métiers et missions des hors enseignant·es n’en résonne que plus fort alors que leur contribution au fonctionnement du service public d’éducation est incontournable.
La FSU souhaite vous alerter sur les travaux entamés en juin 2025 pour aboutir à la réalisation d’un premier plan diversité, lutte contre les discriminations. 6 GT se sont tenus qui ne permettent pas d’initier un travail qualitatif et quantitatif à même d’engager des leviers sérieux de modifications des structures et des pratiques défavorables à la diversité. Á l’ouverture du mois des fiertés, la FSU n’a pas la garantie qu’un focus sera réalisé sur les discriminations LGBTQIA+ ni sur les questions spécifiques qui pèsent sur les parcours et les carrières des personnels Trans. La FSU demande l’envoi dans les meilleurs délais d’un projet de plan et de desserrer le calendrier de travail, le GT du 9 juillet ne peut dans ces conditions être un GT conclusif avant présentation en CSA MEN.
Enfin et pour conclure, la FSU aimerait savoir quand la direction du ministère exposera son projet précis de réorganisation de l’ONISEP aux représentant·es des personnels, au sein de l’établissement comme en CSAMEN. Le projet de transfert de personnels vers les rectorats suscite de très vives inquiétudes au sein de l’opérateur.
BAS-RHIN