300 collègues étaient présent.es dans les manifestations en Alsace pour la défense de l’école publique. Sur les pancartes, la question des moyens, les suppressions de postes et de classes, les baisses de DHG – quand le privé semble relativement plus épargné – et les conséquences sur les effectifs des classes, toujours trop chargés. Aussi le constat amer de la perte d’attractivité de nos métiers à travers les postes qui restent vacants ou les personnels qui ne sont pas remplacés. A l’issue de la manifestation, l’intersyndicale a été reçue notamment par le Recteur. Dans certains établissements (collèges de Burnhaupt-le-Haut, Mutzig par exemples), d’autres actions sont déjà prévues (rassemblement, collège mort, audience…).

Lors de l’audience, La FSU a porté plusieurs constats et revendications :

  • Malgré la baisse démographique, les suppressions sèches de postes (pour rappel, 12 ETP dans le 2nd degré et 54 dans le 1er degré) se traduisent par des effectifs de classes toujours très lourds, au moment où les enseignants doivent accueillir toujours plus d’élèves à besoins particuliers ou pour lesquels des aménagements sont préconisés. Ces élèves peuvent représenter jusqu’à 10, voire 20% des effectifs d’une classe. Par ailleurs, les élèves relevant des dispositifs d’UPE2A ne sont pas comptabilisés dans les effectifs des classes qui les accueillent et leur inclusion se fait parfois en dépassant les seuils. Pour ces raisons, la FSU et l’intersyndicale défendent l’idée que la baisse démographique soit l’opportunité de diminuer vraiment les effectifs des classes. Elles demandent aussi un abaissement des seuils dans les établissements qui accueillent un ou des dispositifs UPE2A.

Le Recteur a répondu qu’au regard de la baisse démographique, les suppressions de postes auraient pu être plus conséquentes, que les classes ne seront pas plus chargées et que le nombre d’élèves par classe continue de baisser dans le 1er degré. Sur l’inclusion et la prise en charge des élèves à besoins particuliers, il annonce la généralisation des PAS (Pôles d’Appui à la Scolarité) à la rentrée 2026. La Secrétaire générale évoque également une dotation complémentaire de 2 postes pour les infirmier·es et 2,3 pour les assistant·es de service social. Les 2 ETP supplémentaires pour les PSY-EN permettraient de régulariser des emplois de conseillers techniques en santé mentale implantés dans les DSDEN.

  • Des postes restent vacants et des collègues ne sont pas remplacés, ce qui d’une part alourdit la charge de travail des personnels en poste et d’autre part est le prétexte à accentuer la pression pour faire accepter les RCD (remplacements de courte durée) dans le 2nd degré, jusqu’à conditionner l’autorisation de partir en formation. La FSU a également posé la question des moyens qui seront déployés pour assurer le remplacement des collègues sollicitant le nouveau congé de naissance. Pour la FSU, l’annulation des suppressions de postes permettrait également de reconstituer des viviers de remplaçant·es plus conséquents.

Le Recteur et la Secrétaire Générale répondent que le travail sur le congé de naissance est engagé. Pour l’amélioration du remplacement, une réflexion est en cours. On pense notamment aux ZRI (Zones de Remplacement Infradépartementales) dans le 1er degré.

  • La carte de l’éducation prioritaire ne correspond plus à l’évolution des publics scolaires et ne prend pas en compte notamment la paupérisation de nombreux territoires. Elle exclut par ailleurs les lycées, alors que certains, comme le lycée Jean Monnet à Strasbourg, accueillent des publics très fragiles. La FSU revendique une redéfinition de la carte fondée sur des critères sociaux, nationaux et transparents, intégrant les lycées et que ces établissements bénéficient de moyens pérennes.

Le Recteur a rappelé que la carte de l’EP ne sera pas modifiée avant les prochaines présidentielles et que la révision de la carte impliquerait aussi des sorties de l’EP, ce qui n’est jamais facile à accepter pour les établissements concernés, avec par exemple la fin du dédoublement dans le 1er degré. Sur la politique territoriale (on pense aux labels CLA, TER et plus récemment « collèges en progrès »), il explique que l’académie est très volontariste avec le souhait de s’inscrire dans la durée et une attention particulière aux écoles orphelines. Il parle aussi de son engagement pour que le collège Solignac et le nouveau site Lyautey restent en REP+ au moins jusqu’en 2028.

  • Concernant la perte d’attractivité de nos métiers, la FSU a rappelé l’absence de revalorisation de nos rémunérations en raison du gel du point d’indice dans la Fonction Publique. Ce déclassement salarial dissuade de jeunes collègues de s’engager dans nos métiers. Mais la FSU a ajouté que les récentes réformes (lycée, bac, DNB) sont aussi responsables d’une perte de sens et poussent des collègues, qui disent pourtant aimer leur métier, à se désengager. Elle a notamment pointé la pression mise sur l’évaluation, de la part de parents, en lycée notamment, mais aussi de l’institution avec des incitations à augmenter les notes plutôt qu’à une réflexion sur les moyens de faire mieux réussir les élèves.

Le Recteur dit reconnaître l’engagement des personnels dans des métiers qui sont difficiles et assure témoigner de son soutien aux collègues lors de ses déplacements. Il constate aussi les arrêts de travail et les temps partiels thérapeutiques qui rendent les remplacements plus difficiles. S’il considère nécessaire la réflexion sur les pratiques professionnelles, il assure qu’il n’y a pas de volonté de culpabiliser les enseignants.

  • La FSU a soulevé une fois encore la question de l’enseignement privé qui bénéficie à la fois d’un large financement public et de la possibilité de choisir ses élèves.

Le Recteur évoque une volonté de faire participer davantage l’enseignement privé à la mixité sociale et scolaire, via notamment l’ouverture d’ULIS, CAP dans ces établissements, avec des succès inégaux. Il parle également du renforcement des inspections et contrôles. La Secrétaire Générale parle également d’une dotation en baisse pour les établissements privés de l’académie, à hauteur de 5 ETP.