Revue de presse après cette journée de forte mobilisation du 13 janvier

Jour de grève dans l’éducation : le point sur la mobilisation en Alsace

Enseignants, directeurs d’école, mais aussi parents d’élèves se mobilisent ce jeudi contre les « protocoles inapplicables » dans l’Education nationale et pour demander le recrutement de davantage de professeurs. Au fil de la journée, nous faisons le point sur la mobilisation en Alsace.

Par Les Dernières Nouvelles d’Alsace

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A Strasbourg, où s’est déroulé la plus grosse manifestation en Alsace, le cortège a ressemblé plus d’un millier de personnes. Photo DNA – Franck Kobi

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Crises d’angoisses, malaises, tremblements : les témoignages du personnel éducatif à bout

Dans le cortège de la manifestation du personnel de l’Éducation nationale du 13 janvier, des enseignants, des surveillants, des directrices d’écoles et des accompagnants d’élèves en situation de handicap ont témoigné sur leurs conditions de travail. Ils se disent épuisés par les protocoles sanitaires et la charge de travail qui va avec, parfois au point d’éprouver leurs corps.

Article parue dans Rue89 par Thibault Vetter

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Grève du 13 janvier dans l’éducation nationale : une mobilisation pour demander « plus de moyens pour l’école » et « du respect pour les enseignants »

Le ministère de l’intérieur a comptabilisé 77 500 manifestants, dont 8 200 à Paris, pour un taux de grévistes de 38,4 % dans le premier degré et 23,7 % dans le second. Les syndicats, eux, annoncent 75 % dans le primaire et 62 % dans le secondaire, mais pas encore de chiffre de manifestants.

Article paru dans Le Monde

SUR LE TERRAIN à Strasbourg Par Stéphanie Wenger

« Manifestation, manifestation », crient des élèves en récréation, accrochés aux grilles de leur école, à la vue du cortège qui défile de l’autre côté de l’Ill, la rivière qui enserre le centre de Strasbourg.

Tamar Bouissou enseigne les lettres au lycée professionnel Le Corbusier d’Illkirch, au sud de Strasbourg. Cette syndiquée FO (Force ouvrière) résume le ras-le-bol qui touche nombre de ses collègues. « On nous demande de continuer à travailler en hybride, mais avec les 150 euros attribués, on ne peut pas s’équiper correctement. Et on ne peut pas se dédoubler non plus, on laisse de côté les élèves cas contacts qui sont à la maison. Je suis épuisée physiquement et psychologiquement. Avec mes collègues, on a l’impression d’être face à un mur, qui choisit d’ignorer ce à quoi sont confrontés les personnels du terrain. »

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PASCAL BASTIEN POUR « LE MONDE »

Le cortège est arrivé au rectorat, près du centre-ville. Une délégation de neuf représentants syndicaux, enseignants et parents d’élèves (FCPE) est reçue par la rectrice. Des attestations sur l’honneur sont affichées sur la vitre du bâtiment : « J’atteste sur l’honneur être mal payé et méprisé par mon ministre. »

A la manifestation strasbourgeoise ont également participé des médecins scolaires. L’une d’elle préfère ne pas donner son nom de peur d’éventuelles sanctions, mais dresse un tableau clinique préoccupant : « Nous sommes dix-sept médecins sur le Bas-Rhin, neuf sont en grêve aujourd’hui. On doit suivre plus de 12 000 élèves. Le protocole est insensé. On attend de nous de faire de l’épidémiologie avec des tests à tout-va et, en même temps, on a ouvert les vannes de la contagion : même s’ils sont cas contact, les enfants reviennent à l’école. On ne fait plus que du tracing. »

En fin de journée, les manifestants se dispersent petit à petit. Plus de 1 000 personnes ont participé au cortège strasbourgeois, en majorité des professeurs du premier degré. « Bon, on se voit demain à l’ecole », lance l’un d’eux avant de quitter ses collègues.

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Au sein du cortège à Strasbourg, le 13 janvier 2022. PASCAL BASTIEN POUR « LE MONDE »

Éducation Dans « le tourbillon » d’un jour d’école à Strasbourg

Accueillir les élèves qui reviennent avec un test Covid négatif, renvoyer chez eux ceux qui n’en ont pas, assurer la continuité pédagogique en s’adaptant aux différents protocoles sanitaires… Témoignage d’une équipe, à l’école Gustave-Doré de Strasbourg, largement mobilisée en ce jour de grève.

Un reportage de Catherine CHENCINER et Jean-Marc LOOS paru dans les DNA du 13 janvier

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On va bientôt fêter notre 50ème Foire aux questions sur le site du ministère, plaisante le directeur François Schill, sans pour autant y avoir trouvé de réponse.

Photo L’Alsace /Jean-Marc LOOS

Ce mardi matin en salle des maîtres, avant l’arrivée des élèves à l’école élémentaire Gustave-Doré de Strasbourg, il n’est question que du nouveau protocole sanitaire présenté la veille au soir aux informations par le Premier ministre Jean Castex. Dans cette mouture simplifiée, la troisième en huit jours, les enfants cas contacts ne doivent plus être immédiatement cherchés à l’école et, pour y retourner, une attestation sur l’honneur et trois auto-tests négatifs suffisent. « Il n’a pas dit si c’était déjà effectif, si ? », s’interroge l’une, d’autant plus perplexe qu’elle a des cas de Covid à suivre dans sa classe. « De toute façon, on n’a rien d’officiel », observe une autre. Il en va ainsi depuis des mois, au gré des annonces que les personnels, « un peu sur les nerfs » s’agacent de découvrir dans les médias « en même temps que les familles ». C’est l’un des motifs de l’appel à la mobilisation de ce jeudi, massivement suivi au sein de l’équipe, y compris par le directeur François Schill, également représentant syndical.

Dans cette école de 19 classes pour 430 élèves, ce dernier est complètement déchargé d’enseignement, à l’inverse de 90 % de ses collègues qui « doivent faire classe et gérer tout ça en même temps ». « Tout ça » en revient à reléguer quelque peu « tout ce qui en fait le sel » habituellement, « la pédagogie, les échanges, les sorties… », mais les journées du directeur n’en sont pas plus calmes. Dès 7 h 30, après avoir préparé le café pour ses collègues, il se lance dans « le tourbillon de la journée ». Entre la boîte mail de l’école et les appels téléphoniques incessants, il signale les derniers cas de Covid au médecin scolaire qui fait le lien avec l’Agence régionale de santé (ARS), répond aux inquiétudes des parents, dont certains ont du mal à comprendre les instructions en français, tout en ouvrant la porte à ceux dont les enfants doivent être cherchés.

« Sans débrouillardise et pragmatisme ce serait ingérable ! »

Telle Pauline, toute pâlotte, qui confie qu’elle a « mal à la tête » et à laquelle Euthargie Mattern, une jeune femme en service civique, prend aussitôt la température. Ou deux autres qui viennent d’arriver sans s’être fait tester, alors que la demande avait été faite aux parents. Une petite s’inquiète d’avoir encore perdu ses lunettes. « Ta maman m’a dit que tu étais stressée de transmettre le Covid, je le vois bien. Mais il ne faut pas, tu dois vivre le plus normalement possible », la rassure François Schill. Sans arrêt, « les gamins défilent, sourit-il, ceux qui ont cassé leur masque, ceux qui n’ont pas leur attestation sur l’honneur à J + 2 ou J + 4… » Tous restent sagement assis devant sa porte, le temps qu’il fasse le nécessaire. « J’appelle les familles, il y en a qui nous envoient la preuve d’un test PCR ou antigénique en photo, ou carrément le mail du labo… sans débrouillardise et pragmatisme ce serait ingérable ! ».

« Des décisions prises pour d’autres raisons que la santé »

À ses yeux, c’est même « toute l’institution qui fonctionne sur la bonne volonté des uns et des autres, depuis deux ans, on est en mode dégradé ». Ainsi, difficile « d’attendre les consignes le lundi matin », alors qu’« à la rentrée le 3 janvier, on savait que quatre enseignants étaient malades, sans qu’on puisse brasser les élèves ou avoir de remplaçant ». « Dès le samedi et le dimanche, on a prévenu les familles pour qu’elles puissent prendre leurs dispositions. »

François Schill le répète : « Les leçons du premier confinement n’ont pas du tout été tirées. » Les établissements scolaires manquent de masques, d’auto-tests, de capteurs de CO2… « Dans quelles entreprises privées verrait-on ça ? ». L’impression revient souvent que « les décisions sont prises pour des raisons autres que la santé des élèves et des personnels, plutôt pour embêter le moins possible les parents, ne pas bloquer l’économie », reprend-il. « On peut le comprendre, mais plus le virus se propage, plus le protocole est allégé… »

Le protocole sanitaire, celui du moment, figure en bonne place dans son bureau et sur le tableau de la salle des maîtres. Il s’y réfère à nouveau alors que le courrier d’un parent vient de tomber, l’informant d’un nouveau cas de Covid à l’école. « Il faut gérer l’urgence, qu’est-ce qu’on fait ? » La hiérarchie n’ayant encore livré aucune consigne nouvelle, il s’agit d’appliquer les anciennes, mais, prévoit-il, « en faisant preuve de souplesse ». « Pragmatisme » oblige, comme tout au long de cette crise sanitaire.

« Nous n’en pouvons plus » : grève et manifestations des enseignants jeudi 13 janvier

Article paru dans Rue89 le 13 janvier Par Thibaut Vetter

Une intersyndicale appelle les personnels de l’éducation à la grève jeudi 13 janvier. Le syndicat FSU compte sur une participation de 50% des enseignants du Bas-Rhin. En cause : le manque de moyens matériels et humains dans les établissements scolaires pour faire face à la pandémie. En outre, toutes les cantines scolaires seront fermées.

« Le manque de moyens dans l’éducation existait déjà. La pandémie a aggravé la situation », analyse Agathe Konieczka, co-secrétaire au Snuipp-FSU du Bas-Rhin. L’intersyndicale Unsa, FSU, FO, CFDT, CGT, Solidaires, appelle les personnels de l’Éducation nationale à la grève ce jeudi 13 janvier. Des rassemblements à Sélestat, Haguenau et Strasbourg Trois rassemblements sont prévus : à 10h, à Sélestat et Haguenau, devant les inspections de circonscription, et à 14h, à Strasbourg, devant l’inspection académique, au 65 avenue de la Forêt-Noire. Début janvier, en conférence de presse, les syndicats dénonçaient le manque de masques, de capteurs de CO2 et l’impossibilité d’appliquer le protocole sanitaire contre la pandémie de Covid-19. Dans un communiqué, le syndicat Force Ouvrière détaille :

« Nous n’en pouvons plus des ordres et des contrordres permanents, des personnels non remplacés, des pressions pour effectuer du télé-enseignement, de la charge de travail insupportable que le ministre fait subir aux directeurs… Nous constatons que le ministre se refuse de nous fournir les moyens de protection individuelle qui manquent toujours. »

Cantines fermées à Strasbourg

Toutes les cantines des écoles de la Ville de Strasbourg seront fermées jeudi 13 janvier. Cette décision fait suite à une forte mobilisation du personnel gréviste d’une part, et au contexte sanitaire qui provoque de nombreux arrêts maladie d’autre part. Les repas de ce jeudi ne seront donc pas facturés aux parents.

Les accueils périscolaires maternels du matin et du soir seront néanmoins assurés « dans la mesure du possible » ajoute la Ville de Strasbourg, avec une information directe aux familles par les établissements scolaires.

« Nous demandons 1 000 postes d’enseignants supplémentaires » Agathe Konieczka, de FSU, résume les revendications :

« Nous demandons tout le matériel nécessaire pour que les personnels de l’éducation puissent pratiquer en limitant les risques de contamination par la Covid (10 à 20% des enseignants sont absents pour maladie début janvier, ndlr).

Et nous exigeons le recrutement de 200 enseignants dans le Bas-Rhin, pour occuper les postes vacants et augmenter le nombre de remplaçants. Sinon, les classes doivent trop souvent fermer. À terme, nous demandons 1 000 postes supplémentaires, pour améliorer durablement la situation, relâcher la pression sur les professeurs en poste et diminuer les effectifs par classe. »

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