Lutte contre la précarité et sécurité sanitaire

Chères et chers collègues

Le SNESUP-FSU de l’université de Strasbourg souhaite à toute la communauté universitaire la meilleure rentrée possible. Nous nous réjouissons de retrouver un campus animé avec de très nombreux étudiants qui espèrent, avec tous les personnels, que le règne du « distanciel » et de l’hybridation, avec toutes ses conséquences désastreuses, touche à sa fin. Mais nous n’en avons pas encore fini avec la pandémie. Celle-ci a fonctionné comme un véritable révélateur et aussi un accélérateur des multiples carences du service public de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Si notre université a pu continuer à fonctionner pendant cette crise, c’est grâce à l’abnégation de tous les personnels. Mais c’est aussi au prix de l’aggravation de multiples maux. Au premier rang de ceux-ci, la précarité et le manque cruel de moyens financiers et humains. Après notre communiqué de début juillet (à relire ICI), nous lançons en cette rentrée une alerte sur l’état de notre patrimoine immobilier en période de pandémie.

La précarité touche aujourd’hui toutes les catégories de personnels – y compris des titulaires -, une précarité encore renforcée par l’entrée en application de la LPR. Le SNESUP estime que la multiplication des contrats courts sur des missions dites pérennes est contraire aux principes du Service public, que les décalages grade/fonction sont inadmissibles et que le surtravail est contraire au droit. Il veillera en toutes circonstances à ce que les droits des agents soient respectés, en particulier le droit du travail, mais aussi les libertés académiques, qui sont régulièrement attaquées ou remises en cause.
Alors que les conditions de travail et de recherche des doctorant.es se sont encore dégradée pendant la pandémie (voir cette motion), alors que les enseignants de statut second degré et les contractuels sont exténués par des charges de travail devenues insupportables et que les chercheurs passent autant de temps à répondre à des appels à projet qu’à chercher, alors que le nombre d’étudiants ne cesse d’augmenter et que nous continuons à perdre des emplois de titulaires, il devient urgent de prendre de vraies mesures et de conduire ensemble les mobilisations pour changer l’état de notre université.
C’est pourquoi, dans la continuité des mandats et des motions adoptés lors du Congrès de Rennes qui s’est tenu au mois de juin dernier (voir ICI), le SNESUP-FSU consacrera son Assemblée Générale de rentrée à la question de la précarité, celle des doctorants, des contractuels comme des titulaires. Cette AG, ouverte à tous les personnels, aura lieu le 28 septembre de 18 à 20h (à noter dans votre agenda, le lieu sera précisé ultérieurement). Elle ouvrira une campagne de mobilisation contre toutes les formes de précarité, qui se déroulera toute l’année.

Outre les mesures urgentes et prioritaires à prendre pour lutter contre la précarité et améliorer nos conditions de travail – cela ne pourra se faire que par la relance de l’emploi titulaire et la création de postes -, le SNESUP lance en cette rentrée une alerte sérieuse sur le manque criant de locaux et sur l’état de ceux-ci. Si, avec les représentants de la FSU au CHSCT, le SNESUP agit en permanence pour assurer la meilleure sécurité sanitaire possible sur nos campus et ne cesse d’améliorer les documents et mesures qui nous sont soumis, nous buttons sur trois obstacles qui doivent faire l’objet d’un travail prioritaire. Tout d’abord l’extrême lenteur et la parcimonie avec laquelle les investissements nécessaires sont réalisés. C’est bien de mesurer le CO2 dans les salles, les amphithéâtres et les cafétérias – nous le réclamions depuis un an – ; c’eût été mieux d’anticiper ces mesures et de bénéficier de purificateurs d’air fonctionnels en cette rentrée. Le second obstacle qu’il convient de prendre à bras le corps – dès maintenant, et non dans un an -, c’est l’absence de ventilation mécanique dans de nombreuses salles et dans un nombre significatif d’amphithéâtres, parfois aggravée par l’absence d’ouvrants fonctionnels. C’est à juste titre que le CHSCT recommande en ce cas la demi-jauge ou bien l’installation de purificateurs d’air. Leur coût sera toujours inférieur aux multiples méfaits causés par des contaminations ou des mises à distance. Enfin les divers chantiers de construction et de rénovations en cours – dont on ne peut que se féliciter – conduisent mécaniquement à une pénurie de locaux. Le SNESUP-FSU demande à la présidence de pourvoir aux besoins des laboratoires, composantes et services, si nécessaire par de nouvelles locations de locaux. La pénurie de locaux ne saurait être une excuse ou un alibi pour retourner à l’hybridation des enseignements !

La première sécurité sanitaire des personnels de l’université est le bien-être au travail. Il passe par une lutte permanente contre la précarité et toutes les formes de discriminations, par la création de postes de titulaires, par des locaux spacieux et bien ventilés, par le respect des droits des personnels, par des collectifs de travail solidaires, par l’attention à l’autre et aussi par la sécurité de l’emploi, qui ne doit pas devenir une notion ou un fait obsolète dans la Fonction publique.

Le bureau du SNESUP-FSU de l’Université de Strasbourg

Pour tout contact : syndicat-snesup-resp@unistra.fr


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